Galerie virtuelle de Marc Felten artiste peintre contemporain.
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Marc Felten Peinture marc_felten_200801155312 Some info concerning this picture


Peintre / painter : Marc Fetlten
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BIOGGRHIE:

MARC FELTEN

Eléments biographiques

Naissance : 23 avril 1954 à Strasbourg

 

1967: Marc Felten commence à peindre. Il réalise la copie d'une œuvre de son père également peintre (et ébéniste) : C'est une peinture à l'huile, technique qu'il n'aime pas parce qu'il faut attendre. Pour lui, la peinture est un acte immédiat : il confie qu'il a toujours un problème  avec le temps.

1970: Exposition Petit Palais à Paris : salon des artistes indépendants.
Entrée aux arts décoratifs de Strasbourg (son père y est passé): il y rentre malgré l'âge minimum qui est habituellement de 18 ans, en réussissant le concours d'entrée, grâce aux peintures qu'il présente (quand il revoit ces œuvres, Marc Felten cite Kirchner).
Camille Claus comme professeur de couleurs pour les 2 premières années probatoires. Il fera le cycle complet de 4 ans en se spécialisant dans le graphisme et la publicité.
Il partira de l'école sans passer l'examen final.

La peinture est cubiste, fauve ou expressionniste : le sujet " Homme " est déjà au centre de l'œuvre de Marc ; les points de fuites décalés de Bacon, les corps et les visages allongés de Munch. Le dessin est détaillé et les personnages mis en scène dans un environnement interprété.

1974: Exposition avec le groupe d'artistes "L'œil écoute", association dans le Haut-Rhin (avec France et Hugues Siptrott, Isuki Yanai qui a réalisé la copie du Rétable d'Issenheim...).

1975: Marc Felten crée son propre studio de création graphique.

1980: Novembre : exposition Robert et Marc Felten - Palais des Congrès et de la  Musique de Strasbourg : titrée dans le magazine " visages d'Alsace " : sérénité et violence : l'exposition qui n'a pas d'autre but que de montrer un amour partagé de la peinture sans aucune filiation artistique, montre la distance entre les deux expressions ; à l'un romantique, contemplatif et calme, l'autre répond avec une peinture expressive, violente et ironique, psychanalytique. Le trait est modéré dans le sens où l'on constate une hésitation, non pas au niveau de la technique, mais au niveau de l'expression artistique.

Le style actuel est déjà là mais on sent l'influence de l'Ecole des Arts Décorattifs : le graphisme et le publicitaire sont présents : les cadres dans les cadres, dessins proches de croquis de haute couture, Gamme de couleurs très large (roses, turquoise, verts…), utilisation de séries graphiques (points alignés, traits parallèle, qui font penser à des carrés de tissus).

1991: Exposition Marc Felten & Christophe Michot : On peut y découvrir des portraits rappelant " le cri " de Munch. Ces portraits présentent des visages où les yeux et la bouche apparaissent tels des orifices, des trous noirs, cerclés et marqués de traits concentriques électriques.

2003: Il retrouve des livres d'anatomie de Carl Toldt et se met à peindre sur les planches anatomiques qu'il scanne et déforme numériquement.

Marc Felten décide de se consacrer complètement à son travail artistique et de confronter ses oeuvres aux yeux du public.

2005: Janvier : exposition à St'art, foire d'art contemporain de Strasbourg.
Mars : exposition à ArtKarlsruhe, foire d'art contemporain, Allemagne.
            exposition collective "Traits d'union", Palais du Rhin, Strasbourg.
Avril : exposition au Centre Culturel Franco-Allemand de Karlsruhe, Allemagne.
Juin : exposition à l'IRCAD, Strasbourg : L'oeuvre de Marc Felten entre en résonnance avec ce haut-lieu de la recherche médicale.
Septembre : exposition à Arténîm, foire d'art contemporain de Nîmes.

 

C O R P U S N U M E R U S

 

Ancien élève de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, créatif publicitaire, Marc Felten peint depuis l'âge de 13 ans. Son travail s'inscrit certes dans une continuité déconcertante (une progression permanente, sans rupture), mais contrairement à ce que dit l'artiste, exit la tranquillité. L'œuvre de Felten est violente, mais pour entrer en résonance avec ses rares propos, on préfèrera parler de dynamisme et d'énergie. Si l'on ressent dans le style de l'artiste l'influence des expressionnistes allemands (notamment de Kirschner ou Munch dont on retrouve les visages percés par les états d'âme), sa peinture, à l'instar de Bacon, exprime la force et l'anarchie d'un désir optimiste.

Un " corps " précède l'œuvre. Marc Felten redécouvre des dessins anatomiques de Carl Toldt. Il les scanne, les retouche, étire et condense de manière aléatoire : c'est la première phase du travail de l'artiste.
Il " intervient " numériquement sur les organes, crânes, troncs, mains, pieds, sexes… du corps humain ou animal et les reproduit sur toile.
Dès lors, le support sur lequel il peint n'est plus la toile, " corps " inerte, mais un corps numérique qui fait apparaître avec force le déroulement organique de la vie.

L'anatomie, qui n'a cessé d'influencer les arts, comme plus généralement l'imagerie médicale actuelle, constitue une approche fondamentale dans la recherche artistique sur le corps. Elle explicite déjà par elle-même les interrogations, les peurs et les interdits relatifs au corps. Elle ramène au visible l'état intérieur (organique) de l'être (humain).
Marc Felten s'approprie l'image anatomique et fonde une représentation de l'homme qui lie la dimension organique au charnel et au spirituel. Il ne déforme pas cette image, il la transforme. Son instinct transforme le corps en objet de désir.
On pourrait assimiler le travail de l'artiste à ce qui a déjà été appelé " l'art médical ", mais Marc Felten révèle et oppose une pulsion de vie et de désir à la vision purement clinicienne et chirurgicale des travaux  d'un Damien Hirst ou d'un Gunther Van Hagens où apparaît une obsession de la mort et d'un corps mortel.

Dans une deuxième phase, c'est la peinture, instinctive et dynamique qui vient exprimer ce désir. Les couleurs acryliques, jetées sur la toile, font apparaître le mouvement des fluides : sécrétions, suintements, saignements, le rouge évoque tout cela : quand le corps expurge, il parle, il crie, il vit. Il se dégage une énergie, une aura, concrètement retranscrite par l'apposition des encres sur les organes de sorte que ces derniers ne sont pas que matière. Le cerveau est incarné par le spirituel : il est l'organe de l'âme. Dans ce sens, la couleur, criarde et franche, traduit une exaltation du corps, appareil miraculeusement vivant. Le noir, épais et rond, dessine une enveloppe charnelle, nouvelle, personnelle, sensuelle. Parce que le désir est omniprésent dans l'œuvre de Marc Felten, le corps y joue le rôle d'un objet convoité : tout s'ordonne autour de l'envie sexuelle. Là où le corps est sexuel, il est marqué par la couleur acrylique et encre (rouge à lèvres, rouge sang, un sang ici sexuel, celui des menstruations, celui qui fait échos au sperme, mais aussi le rose : c'est la peau et la chair, c'est la langue), ou bien exagérément développé (les formes sont phalliques ou fœtales). Le résultat évoque La Venus de Willendorf , représentation primitive du corps comme objet de désir sexuel.

Au premier abord, la représentation du corps chez Marc Felten, est macabre, et semble correspondre à la posture contemporaine : le corps qui contient la maladie, les maux ; un corps écartelé, sectionné, sans plus aucune intégrité et totalité.

Il montre la chair, les organes…parce que la nature et l'existence de l'Homme résident dans son fonctionnement organique. Le sang est source de vie et pas de mort.
Toujours ramenés à la réalité organique de la vie, les sujets de Marc Felten expriment un désir de comprendre le corps et l'Homme dans une approche qui ne nie pas la mort, mais la place dans un étonnement total du fonctionnement de la vie et de l'existence.

Marc Felten’s work fits clearly in tradition with the study and the representation of the human body, an original universe at the junction of Graff, tag and illustration. It is an expressive painting, excessive and energetic; the body is dismembered, burst, skinned, deformed. Its painted fabrics form an intricate macabre dance, which is not without pointing out certain apocalyptic paintings. He starts his work by digitizing old boards of anatomy then, adapts the visual by deforming the image to generate new anatomical forms. After having reproduced “ the sequence” on the fabric, he carries out the composition, with instinct, releasing his creative force to give birth to strange characters. It seems like an initiatory childbirth, with bloody marks, fetal forms sometimes, where physiological residues on the fabric, testify to all the violence inherent in the act of creating and of its physical intensity. Marc Felten sticks to human by dissecting it, in revealing to anyone’s eyes what until at this time was hidden and personal, namely flesh and organs. He withdraws integrity to the body, but this creature, this being losing its entirety does not become less human because the dramatic intensity is attenuated by sense of humour. The artist delivers a setting scene quick to shock, however, we are far from an orgiastic scenography, despite of the impression of a latent butchery, crudely exposed. In truth, Marc Felten unrolls under our eyes a visceral painting, where primary colors, flat tints with frank and saturated colours ; inks projected on the fabric look like the fluids secreted by the bodies. One wonders whether these beings reborn or if they try to escape from the claws of death? They were disembodied puppets and grotesque monsters, now they finish to become beings with a reaffirmed personality, with their own identity, having thrown out the surplus material and substance that previously prevented them from existing. They reappear in the pain, but the pain is inherent in the act of birth. The artist evolves unceasingly between life and death, giving birth to creatures, whilst representing an organic running operation system of the human being which stands at the limits of death and life, where blood runs, oozes and strikes the support. We are face with the eternal issue of the representation of the body, confronted with decency, the unknown of that carnal envelope which frightens us, probably because it is so fragile, in prey with prohibited acts which brings back to its common use; with the rejection of its raw and surgical displays that flirts with voyeurism. There is, in Marc Felten’s painting a desanctification of the body and of sex too, sex considered as an organ, and consequently of death, but as to put forward with life. Because for the artist, blood does not confine with a negative feeling, blood represents life. When it squirts, it expresses its promptness, the expression of life. Marc Felten owns this desire, this frenzy his almost bulimia, to create. It is a way to benefit fully from this life of which he tries to control the flow by painting quickly. This speed gives rise to this spontaneity able to deliver to our glance force and a captivating energy.

L’œuvre de Marc Felten s’inscrit clairement dans la tradition de l’étude et de la représentation du corps humain, un univers original à la confluence du graff, du tag et de l’illustration. Peinture expressive, excessive, énergique, le corps y est désarticulé, démembré, éclaté, écorché, éviscéré, déformé, difforme. Mises bout à bout, ses toiles forment une intrigante danse macabre qui n’est pas sans rappeler certaines peintures apocalyptiques. Travaillant à partir de planches d’anatomie qu’il numérise, il s’approprie le visuel, déforme l’image pour engendrer de nouvelles formes anatomiques. Après avoir reproduit « la séquence » sur la toile, il réalise sa composition, à l’instinct, libérant sa force créatrice pour enfanter d’étranges personnages. Accouchement initiatique, les traces sanguinolentes, les formes fœtales parfois, les résidus physiologiques sur la toile, témoignent de toute la violence inhérente à l’acte de créer et de son intensité physique.
Marc Felten s’attache à l’humain en le disséquant, en dévoilant aux yeux de tous ce qui jusqu’à lors était caché, personnel, à savoir chair et organes.  Il lui retire son intégrité, mais cet être perdant son entièreté n’en devient pas moins humain car l’intensité dramatique du propos est atténuée par une touche d’humour.
Il nous livre une mise en scène prompte à choquer, mais pourtant, nous sommes loin d’une scénographie orgiaque, malgré l’impression de boucherie à la fois latente ou exposée crûment. En vérité, Marc Felten déroule sous nos yeux une peinture viscérale, où les couleurs primaires, les aplats aux teintes franches et saturées, les encres projetées sur la toile, rappellent les fluides sécrétés par les corps. On se demande si ces êtres renaissent ou s’ils s’extirpent des griffes de la mort ? De pantins désincarnés, monstres grotesques, ils finissent par devenir des êtres à la personnalité ré-affirmée, à l’identité propre, ayant expurgé l’excédent de matière qui les empêchaient précédemment d’exister. Ils renaissent dans la douleur, mais la douleur est inhérente à l’acte de naissance.
L’artiste évolue sans cesse entre vie et mort, enfantant, tout en représentant un fonctionnement organique de l’être humain à la limite de la vie et de la mort, où le sang coule, suinte et percute le support. Nous sommes en face de l’éternelle question de la représentation du corps, confronté à la pudeur, à l’inconnu de cette enveloppe charnelle qui nous fait si peur, probablement parce qu’elle est si fragile, en proie aux interdits qui ramènent à son usage, au rejet de son étalage cru et chirurgical qui flirte avec le voyeurisme. Il y a dans la peinture de Marc Felten une désacralisation du corps, du sexe aussi en tant qu’organe, et par la même de la mort, mais en tant que faire valoir à la vie. Car pour l’artiste, le sang ne confine pas à un sentiment négatif, le sang représente la vie. Quand il gicle, il manifeste sa vivacité, l’expression de la vie.
Marc Felten possède en lui cette envie, cette frénésie, cette boulimie presque, de créer. Une façon justement de profiter pleinement de la vie, cette vie dont il tente de maîtriser l’écoulement en peignant rapidement. Et de la rapidité naît cette spontanéité capable de livrer à notre regard une force et une énergie captivante.

 

Regard sur l’oeuvre de Marc Felten

Inspirée du graff, du tagg, de la BD et de la SF,  la production de Marc Felten interpelle. Représentant le corps humain vu sous des angles très particuliers, ses œuvres non conventionnelles propulsent dans un univers original où se mélange avec stupeur et tremblements jubilatoires le tragique, le sublime et l’onirique. Désarticulé, démembré, éclaté, écorché, implosé, éviscéré, déformé, l’organisme qu’il peint s’étale fréné-tiquement et se vautre dans d’impudiques exubérances.Nous poussant dans un irrésistible vertige de questions.Ses sujets toujours très colorés et  en mouvement vont bien au-delà du macabre en nous incitant à plonger dans une poésie fantastique grave et légère.

 

Sa technique, la « feltenisation »

Expert en dissection,Marc Felten exploite des planches d’anatomie qu’il numérise et transforme pour accoucher de nouvelles  morphologies. Sur la toile, il manipule avec aisance et outrance ces embryons de vie picturalement modifiables, en les pétrissant, les déformant, les malaxant… Les couleurs éclatantes et les lignes vibratoires qu’il trace témoignent de la puissance créatrice qu’il libère pour enfanter ces figures surnaturelles. Matières organique et psychique se fondent et se confondent sans retenue sous ses coups de pinceau instinctifs qui rappellent ceux de Francis Bacon. Exprimant avec force une évolution surréaliste de la vie, en prélude à la mort, MF oscille sur les cimes de ses dérives extrêmes et précipite les esprits aux confins d’une border-line qui lui est très personnelle, conférant à son œuvre une attirante étrangeté.

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